La sécurité aérienne en ligne

Que valent réellement les compagnies aériennes à qui nous confions le soin de nous transporter ? Il y a bien sûr la liste noire européenne mais elle ne dit rien de ce qu’il faut penser de transporteurs comme Air France, Corsairfly ou Air Austral.

Plusieurs sites internet permettent d’y voir plus clair avec parfois des surprises !Qui ne s’est pas posé un jour la question. Peut-on monter en toute confiance à bord des avions qui desservent notre île ? Ni Air France, ni Corsairfly, ni Air Austral, ni Air Mauritius, ni Air Madagascar ne sont recensés dans la liste noire de l’Union européenne. Plutôt rassurant, mais au fond que savons-nous de ces compagnies ?Plusieurs sites Internet comme Air Valid (voir encadré) ou Securvol sont allés voir dans les coulisses de ces transporteurs a priori au-dessus de tout soupçon. Securvol a été créé par le journaliste François Nénin. Ce nom vous dit sans doute quelque chose. Nous avons eu l’occasion de vous présenter ses deux ouvrages : Transport aérien le dossier noir et Crashs aériens, ce que l’on vous cache. “Les crashs de ces dernières années ont démontré que l’insécurité aérienne était bel et bien une réalité, explique François Nénin. La liste noire européenne est incomplète et les passagers n’ont pratiquement aucun moyen de connaître le niveau de sécurité de la compagnie sur laquelle ils vont embarquer. Securvol.fr a pour mission de délivrer une information fiable et indépendante sur les compagnies aériennes.”

Une base de données de plus de 25 000 avions

Securvol a noué un partenariat avec l’Observatoire de la sécurité aérienne et du tourisme basé à Genève. Avec à sa tête de nombreux experts issus du domaine de l’aéronautique, du tourisme et du droit, l’Obssat met en ligne à destination du grand public une base de données complète et réactualisée. Ses propres bases de données aéronautiques sont quotidiennement mises à jour sur plus de 22 000 avions en service, plus de 3 500 avions stockés/démantelés et plus de 1 000 avions accidentés. Ses bases de données recensent tous les mouvements d’avions au jour le jour (changement d’opérateur aérien, mise en ligne etc.), nombre d’accidents/incidents par constructeur, par type d’avion et compagnies aériennes.

L’Obssat a aussi la lisibilité sur plus de 1 300 compagnies aériennes actives à ce jour. Un système de classement des compagnies aériennes est mis en place pour évaluer les transporteurs aériens et la manière dont ils assurent la sécurité de leurs clients. À partir de ce socle, Securvol note les compagnies et les classe dans cinq groupes de A “bon niveau” à E “interdites en Europe ou à interdire” afin de construire un baromètre évolutif au quotidien. “Nous avons parfois intégré des éléments de nos enquêtes ou de l’actualité pour pénaliser certaines compagnies”, complète François Nénin. Si aucune des compagnies desservant régulièrement la Réunion n’est classée en dessous de B on trouve en C “sous réserve”, Air Seychelles. Surprise, on retrouve Air France, Corsairfly et Air Austral en B “niveau correct” avec ces commentaires.

“Air France est déclassée dans le groupe B. L’ex-compagnie nationale a encore des progrès à effectuer en matière de sécurité. Sa note technique très médiocre se justifie par les accidents d’Habsheim, du Mont Sainte-Odile, du Concorde et plus récemment de Toronto. Par ailleurs des incidents graves comme une approche ratée à Douala et à Cayenne jettent le doute. Le rapport Colin sur la sécurité des vols notait : ‘Air France est particulièrement exposée au risque aérien… Des faiblesses importantes en termes de formation ont été observées dans la population des PNT (pilotes)’. Air France reste cependant une compagnie sûre”, et pour Corsairfly : “Sept avions dont 5 Boeing 747 d’un âge moyen de 13 ans. Quelques incidents importants sur la flotte B.747, mise en garde de la DGAC sur la maintenance.”

Alain Dupuis

http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&id_article=187202

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