Consultez ces sites si vous prenez l’avion !

Un Boeing de RyanAir encore obligé d’atterrir en urgence pour un problème technique, hier en Italie, après qu’une semblable mésaventure est arrivée la semaine dernière à Limoges à un jet de la même compagnie, un crash meurtrier à Madrid, la sécurité des transporteurs aériens pose encore problème.

Pourtant, pour se rendre sur leur lieu de vacances cet été, de 10 à 15 % des Français auront utilisé l’avion. Mais combien seront partis sans posséder la moindre bribe d’information sur la compagnie utilisée ?

Depuis ces dernières années, la transparence a certes progressé, et les voyagistes sont désormais obligés d’indiquer la société sur laquelle ils s’apprêtent à faire voler leurs clients. Par contre, leur devoir s’arrête là, et il n’est pas facile d’en savoir plus.

Une lacune que répare désormais un site Internet, www.securvol.fr. Il en existe déjà, s’intéressant eux aussi à la sécurité des compagnies aériennes, comme www.abm.fr ou www.air-valid.com. Le petit dernier, qui vient d’être lancé, émane d’un journaliste français spécialiste du domaine, François Nénin. « Mes concurrents sont soit alimentés en informations par les compagnies elles-mêmes, soit payants, explique-t-il pour se démarquer. Le mien est totalement gratuit, et son contenu émane d’une source indiscutable : l’Obssat (Observatoire de la sécurité aérienne et du tourisme), une association suisse composée d’experts. Ces derniers ont en effet accepté de me confier leurs données pour que je les reproduise. Je classe ensuite les compagnies aériennes en cinq groupes, des plus sûres aux plus dangereuses, en pondérant ce classement avec les informations que j’obtiens grâce à mes propres sources. »

30 compagnies classées « bon niveau »

Plus de 200 transporteurs du monde entier sont ainsi passés à la loupe. Trente figurent sur le dessus du panier (« bon niveau »), 155 héritent au contraire d’un bonnet d’âne (« interdites en Europe ou à interdire »). Il s’agit essentiellement de firmes originaires de pays du tiers-monde (République du Congo, Afghanistan, Niger, Swaziland, etc.), mais aussi d’une compagnie américaine, dont Securvol juge les avions trop vieux. Les deux principales compagnies françaises, Air France et Corsairfly, ne figurent que dans le classement B (« correct »), le site estimant qu’elles sont certes sûres, mais présentent aussi des faiblesses en matière d’entretien ou de gestion de la flotte.

La Direction générale de l’aviation civile (DGAC) ne voit pas d’inconvénients à l’existence de Securvol, mais prévient tout de même : « Le seul classement valable est la liste noire (consultable auprès des agences de voyages et sur le site www.dgac.fr) qui a été établie depuis 2006 par la Communauté européenne. Elle est le fruit d’un travail sur le terrain, de multiples contrôles inopinés opérés en France et à l’étranger, qui alimentent une base de données européenne », rappelle une porte-parole. Selon l’Iata (Association du transport aérien international), 100 accidents d’avions ont été à déplorer l’année dernière dans le monde, tuant 692 personnes, soit une baisse de 19 % par rapport à l’an passé.

Michel valentin

Le Parisien

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